11 Mars 2021

TEXTE EN MÉMOIRE DES PERSONNES DÉCÉDÉES DE LA COVID ET POUR TOUT CEUX QUI TRAVAILLENT AU FRONT.

Aujourd’hui nous nous souvenons et soulignons, honorons, pleurons ceux aimés qui nous ont quittés trop tôt, abandonnés, désemparés, épeurés et seuls.

L’inimaginable s’est produit dans notre société dite civilisée, nos ainés sont morts sans être accompagnés par leurs proches. Nous les avons laissé tomber et avons oubliés notre humanité.

Rappelons-nous, haut et fort ces êtres aimés partis souvent sans dire au revoir. Rappelons-nous tous ces proches aidants dévastés et endeuillés qui n’ont pu aller donner du réconfort à ceux si chers à leurs cœurs.

Regardons-nous en face comme société pour que plus jamais, personne n’ait à vivre cette hécatombe de plus de 10,000 personnes décédées au Québec de la COVID.

Remercions haut et fort ces femmes et ces hommes qui sont au front depuis un an et qui tente d’apaiser la souffrance de nos proches. Soutenons les pour éviter qu’ils tombent au combat.

Ensemble, avec amour et solidarité aidons-nous à nous relever et à ne plus jamais faillir.

Prenons soin des uns et des autres pour éviter ce manque de respect dont nous porterons à jamais les cicatrices.

Aujourd’hui honorons ceux et celles qui sont décédés ainsi que tous ceux et celles qui veillent sur ceux que nous aimons et qui se battent pour leur vie.

 

Carole Singher, Lumi-vie

Josée Masson, fondatrice de l’organisme Deuil-Jeunesse l’explique, pour les jeunes, en toute simplicité dans son livre : Mort mais pas dans mon cœur à la page 24.

« Le deuil c’est tout ce qu’on vit quand une personne qu’on aime meurt. C’est ce qui se vit dans la tête, dans le cœur et dans le corps. C’est aussi ce qui se vit maintenant à la maison et dans le regard de l’autre. Elles peuvent parfois te surprendre, ces émotions que tu vas vivre, car un deuil, ce n’est jamais facile, ça fait toujours mal. Même si aujourd’hui, tu trouves que c’est très gros, il te sera possible de te sentir bien à nouveau. Ce que tu vis va se transformer au fil des jours, des mois et des années. C’est ce que ressentent toutes les personnes qui vivent la mort de quelqu’un qu’elles aiment beaucoup, qu’elles soient jeunes, comme toi, ou adultes. »

https://www.deuil-jeunesse.com/

Comment faire face aux fêtes de fin d’année ?
Tout comme la date anniversaire du décès d’une personne aimée est un temps où la peine s’intensifie, il existe d’autres moments de l’année où la souffrance du deuil se réactive avec force : ce sont les fêtes de fin d’année.

Comment faire face à ces périodes difficiles, quand on est en deuil ? C’est ce que nous vous proposons d’aborder aujourd’hui. Comme beaucoup de personnes en deuil, vous êtes certainement très sensible à l’arrivée des fêtes de fin d’année. Si elles pouvaient ne pas exister, ce serait la meilleure des choses, mais elles sont tellement omniprésentes qu’il est impossible de les ignorer. Ce qui rend difficile cette période de l’année, c’est qu’elle est associée à l’idée de bonheur et d’intimité familiale : cela peut être tout simplement insupportable pour vous, car c’est à l’opposé de ce que vous êtes en train de vivre.
Ne pas se poser en victime

Rappelez vous : vous avez perdu une personne essentielle dans votre vie et il est impossible de vous demander à vous même de vous réjouir. Votre surcroît de détresse au moment des fêtes est donc complètement normal car il y a un effet de contraste énorme entre ce que vous vivez aujourd’hui et ce que vous avez vécu par le passé. Le point essentiel est de ne pas vous laisser victimiser par les fêtes de fin d’année. Vous laisser victimiser, c’est céder à la pression qui exige de vous d’être – coûte que coûte – heureux, le soir de Noël ou du 31 décembre. Comprenez que vous pouvez refuser cette spirale négative et décider de réagir plus positivement, sans vous demander l’impossible. Faîtes le point avec vous même et avec les membres de votre famille. Posez vous ensemble ces questions (le plus en amont possible des fêtes, afin d’avoir le temps d’y réfléchir) : « De quoi ai-je vraiment besoin – de quoi avons-nous vraiment besoin – pour traverser, du mieux possible, cette période difficile ? Qu’est-ce qui pourrait me faire du bien – ou qu’est-ce qui pourrait nous faire du bien ? ». Invitez chacun à faire des propositions et tentez ensemble d’arriver à une décision commune qui respecte les désirs et les besoins de chacun.
Ce que vous pouvez faire pour prendre soin de vous

Si vous craignez que certaines traditions familiales réactivent trop votre souffrance, il peut être nécessaire de les modifier. Par exemple, le rituel de l’ouverture des cadeaux pourrait se faire le matin, au lieu du soir ; ou encore le repas de Noël pourrait se faire chez un autre membre de la famille, si c’est trop éprouvant de l’organiser chez vous. Cela ne veut pas dire que vous ne ferez plus jamais Noël chez vous ; cela signifie simplement que, pendant un ou deux ans, vous aurez besoin que quelqu’un d’autre prenne le relais. Si néanmoins vous souhaitez prendre en charge le repas de Noël ou de fin d’année, n’oubliez pas que le deuil est un processus qui fatigue énormément. Il est donc important que vous vous préserviez et que, là encore, vous ne vous demandiez pas d’aller au delà de ce que vous pouvez donner. Ne commettez pas l’erreur de vous surinvestir dans les préparatifs, simplement pour vous prouver à vous même, ou à autrui, que vous allez bien. S’il vous plaît, ne niez pas votre épuisement intérieur et n’hésitez à déléguer à d’autres membres de la famille ce dont vous ne pouvez pas vous occuper pour le moment. Le fait de réunir autour de vous des gens que vous aimez peut réellement être source de joie et de bonheur. Acceptez alors de prendre du plaisir, sans aussitôt vous sentir coupable. Trouver un peu de bonheur pendant quelques heures ne veut pas dire que vous oubliez la personne disparue, ni qu’elle ne vous manque pas. Ce n’est pas vrai : vous le savez bien. Ce n’est donc pas une trahison de votre part. Vous avez le droit de vous réjouir de la présence et de l’affection de vos proches. Prenez plutôt ces courts instants comme une sorte de répit dans le vécu de votre deuil. Vous savez bien que la peine va revenir très vite, n’est-ce pas ?…
Honorer la mémoire de la personne disparue
Il se peut que fêter Noël ou la fin d’année n’ait plus de sens pour vous, maintenant que la personne que vous aimez n’est plus là. Néanmoins, vous pouvez redonner du sens à cette période en incluant, dans ses fêtes, un hommage à sa mémoire. Le silence et le « faire comme si » font beaucoup plus de mal que de bien… En effet, plutôt que de passer toute la journée de Noël à penser à la personne disparue, sans oser prononcer son nom, de peur que toute la famille s’effondre, prenez le parti d’honorer explicitement sa mémoire, ce jour là. Essayez de définir la manière la plus belle et la plus appropriée de rappeler son souvenir, sans pour autant gâcher le plaisir d’être ensemble. Vous pouvez, par exemple, mettre une photo de cette personne sur le linteau de la cheminée, avec une bougie qui brûlera toute la journée; un membre de la famille pourra explicitement porter un toast en son honneur. Chacun peut également raconter un souvenir heureux qu’il a partagé avec cette personne : ne pensez pas que cela va « plomber » la fête – Oui, il y aura des larmes : comment peut-il en être autrement ? Mais la réalité est que tout le monde autour de la table pense à la personne disparue. Il est alors beaucoup plus sain de pleurer et de parler d’elle ouvertement, pendant quelques instants, que de rester silencieux toute la journée et de « faire semblant » : tout le monde risque de souffrir en silence, alors que Noël est une rare occasion d’être ensemble et d’honorer la personne disparue. Si les émotions sont trop fortes et que vous ne pouvez pas les retenir, accueillez les en toute humilité : retirez vous un moment, au calme, avec un proche, afin de vous permettre d’évacuer votre tristesse. Il n’y a rien d’anormal ou de déplacé dans tout cela : c’est l’expression normale et naturelle de votre peine. Il est souvent préférable de pleurer un bon coup, plutôt que de s’épuiser à retenir ses larmes, sous prétexte de ne pas vouloir importuner ses proches. Ils sont parfois beaucoup plus ébranlés par quelqu’un de silencieux qui lutte intérieurement pour ne pas montrer sa peine que par quelqu’un qui a la simplicité de la reconnaître et de la manifester. Une année à la fois…

Et rappelez vous : le deuil est un processus qui évolue sans cesse ; ce que vous vivez cette année sera différent de ce que vous vivrez l’année prochaine – et encore l’année d’après… L’erreur serait de vous dire que les fins d’année seront à tout jamais des temps de souffrance ; ce n’est pas vrai, même si vous pensez que nous nous trompons quand nous vous affirmons cela. Alors, essayez de vivre une année à la fois, un Noël à la fois, sans préjuger de ce que seront les années à venir. S’il vous plaît, essayez, cette année, de prendre soin de vous du mieux possible, aussi que de ceux que vous aimez et donnez vous réellement les moyens d’honorer, ce jour là, le doux souvenir de la personne que vous avez perdue.

 

Texte de Christophe Faure

https://www.christophefaure.com/

C’est une question qu’on entend souvent.  On nous demande  » Suis-je normal? »  »Je pleure plus souvent ou je pleure moins que mon amie, qui elle aussi a perdu son conjoint! »  Sachez que chaque personne a sa façon de vivre cet événement douloureux.   Chaque deuil est unique, tout comme chaque relation et chaque être humain est unique.  Par contre, la souffrance  est commune à tous ceux qui vivent le deuil d’une personne significative pour elle.   C’est normal d’avoir l’impression de se sentir comme dans un manège de montagnes russes avec des hauts et des bas et de se demander si un jour nous irons mieux. La difficulté à se concentrer, oublier ses clés, ses rendez-vous, ne pas avoir envie de se lever le matin ou ne pas avoir faim, sont également des signes normaux liés au deuil.   Vous pouvez également ressentir  des symptômes physiques tels que maux de ventre, maux de tête, étourdissements, difficulté à respirer ou tout autre symptôme.  Pour vous sécuriser il est important de voir votre médecin.
Il n’y a malheureusement pas de recettes miracles. Mais se donner le droit de vivre sa peine, sa colère, sa tristesse va permettre un espace à l’intérieur de soi pour avoir des petits moments de répits qui vont augmenter tout doucement dans le processus de votre deuil. C’est une relation significative que vous avez perdu et partager ce qu’on vit avec une personne de confiance fait du bien. C’est à votre tour d’avoir besoin de soutien et de recevoir de l’empathie et de l’affection. C’est se donner le droit de prendre soin de soi!

Pour plus d’informations vous pouvez nous contacter sans frais:
l’équipe de Lumi-Vie
450 687 8311

Prenez soin de votre environnement.   

Texte de Christophe Fauré.

Prendre soin de vous, après la perte de quelqu’un que vous aimez, ne se limite pas à être
vigilant à votre hygiène de vie ou à exprimer et partager vos émotions. Cela signifie aussi
prendre soin de votre environnement.

Regardez avec attention votre maison ou votre appartement : que voyez-vous ? Quels
messages vous envoyez-vous à vous même, en vivant là où vous vivez ? Est-ce un lieu fermé,
sombre et en désordre ? Y a-t-il des monceaux de linge accumulé dans un coin, ou des piles de
courrier non ouverts ou encore des papiers importants qui s’entassent sur votre bureau ?
Regardez, pièce par pièce, ce qui en émane et ce qu’elles vous disent de là où vous en êtes
aujourd’hui. Prenez conscience que tout votre environnement quotidien reflète votre état
d’esprit. Et inversement : l’état des pièces où vous passez le plus de temps influence vos
émotions et votre niveau de bien être, d’une manière très subtile mais réelle. Si votre
environnement s’est considérablement dégradé depuis le décès de votre proche au point de
vous affecter intérieurement, il est peut être temps que vous vous en occupiez à nouveau.

Je n’ai pas l’énergie…
Dans les premiers mois – ou même la première année – qui suivent le décès, il est évident que
nettoyer votre maison est le dernier de vos soucis. Vous avez effectivement d’autres priorités.
Vous vous sentez peut être déprimé(e), épuisé(e) et sans énergie et vous occuper de votre
maison ou de votre appartement vous semble futile et sans intérêt. Néanmoins, au fil du temps,
il est important d’y remédier, à votre rythme.
Car sans vous en rendre compte, un environnement chaotique constamment en désordre, des
robinets qui fuient ou des pièces qui restent dans la pénombre (car les ampoules ne sont pas
remplacées) altèrent imperceptiblement l’estime de soi. Cela vous renvoie insidieusement une
image très dévalorisée de vous même.
Toutes les petites choses de la maison qui ne fonctionnent pas ou qui sont sources de gêne ou
d’inconfort au quotidien constituent ce qu’on appelle des « irritants ». Ce sont des petits détails
qui, mis bout à bout, grignotent chaque jour un peu de votre énergie. Ainsi, si votre
environnement immédiat est détérioré, il participe à votre épuisement psychologique.
Le ménage dans la maison… Le ménage dans la tête
On dit que, quand la maison est en désordre, la tête aussi est en désordre. C’est vrai : faire de
l’ordre dans votre maison contribue à vous aider à faire de l’ordre dans votre tête. Alors, même
si vous êtes fatigué(e) et que vous ne pouvez faire que très peu à la fois, essayez de vous
mettre dans l’état d’esprit où vous vous dîtes que vous n’êtes pas seulement en train de faire le
ménage, mais que vous êtes, en fait, en train de prendre soin de vous. Cela peut faire toute la
différence.
Il en va de même pour les réparations que vous laissez traîner depuis trop longtemps. Pièce
par pièce, faîtes une liste de tout ce qu’il y a à faire dans votre maison ou dans votre
appartement : l’interrupteur cassé depuis un an, le tiroir qui n’ouvre plus depuis des mois, la
tringle de rideaux qui menace de tomber… etc. Essayez ensuite de faire une réparation par
semaine, ou une par mois, en fonction de ce qui vous est possible. L’important est que vous
entriez dans une dynamique de changement et de prise en charge de votre environnement : ce
n’est pas grave si vous avancez lentement, mais l’important est d’avancer.
Solliciter de l’aide
Il est souvent difficile de faire cela tout seul, car vous manquez certainement de motivation.
C’est là où il vous faut apprendre à solliciter vos proches ou vos amis, même si c’est quelque
chose que vous n’avez pas l’habitude de faire. Essayez d’aller au delà de vos réticences et
demandez leur aide pour effectuer ce qui vous paraît une montagne, comme par exemple faire
un grand nettoyage de printemps : vous serez étonné(e) combien les gens sont disposés à
vous soutenir de cette façon.
Comprenez que vous leur donnez la possibilité de vous aider concrètement, alors que, la
plupart du temps, ils ne savent pas quoi faire pour vous aider psychologiquement. Vous leur
offrez une occasion de vous manifester leur affection. Au delà de l’aide concrète qu’ils vous
apporteront, il se passera des choses entre vous, au niveau humain, à l’occasion de ce grand
ménage et cela aussi vous fera beaucoup de bien. Alors, s’il vous plaît, essayez d’envisager
cette possibilité dans les semaines à venir.
Améliorer votre environnement
Mais il n’y a pas que le ménage pour prendre soin de votre environnement. Vous pouvez aussi
avoir le désir de changer certains aspects de la décoration ou de l’aménagement de votre
maison : changer la configuration d’une pièce, par exemple, ou repeindre la chambre à
coucher, ou encore mettre plus de lumière dans une pièce.
Ce n’est pas qu’une question de décoration : ça va plus loin. En cherchant à améliorer le lieu où
vous vivez, vous vous envoyez un signal. Vous vous montrez à vous même que vous pouvez,
petit à petit, reprendre le contrôle de votre vie, un jour à la fois. Vous vous démontrez votre
capacité à faire des choix qui sont bons pour vous. C’est ça le plus important, au delà de vous
constituer un environnement plus agréable.
Changer les pièces trop chargées émotionnellement
Enfin, il y a peut être, chez vous, une pièce très chargée émotionnellement, comme par
exemple la chambre de votre enfant ou le bureau de votre mari. Une pièce très chargée est
utile au cours du deuil car elle favorise la montée des émotions, mais, après un ou deux ans, si
elle continue à vous bouleverser de façon trop importante quand vous y entrez, cela peut
vouloir dire qu’elle cristallise trop votre peine et qu’elle commence à faire obstacle au bon
déroulement de votre deuil.
C’est le signe qu’il est temps, pour vous, de modifier cette pièce, afin d’en réduire la charge
affective. Bien sûr, ce n’est pas quelque chose de facile à faire car vous pouvez avoir
l’impression de vous éloigner de la personne disparue en rangeant ou en déplaçant ses
affaires. Mais, ce n’est pas le cas : le lien avec elle ne se maintient par votre environnement
extérieur ; il se construit à l’intérieur de vous, dans l’intimité de votre coeur.
Là encore, si ce nouvel aménagement des lieux est trop difficile pour vous, n’hésitez pas à
demander à un proche de vous aider, afin de réfléchir aux modifications à apporter. Cela ne
veut pas dire que vous devez vous débarrasser de toute trace de la personne disparue. Bien
sûr que non : vous pouvez, en revanche, placer quelques objets ou photos dans un endroit
spécifique et intime, suffisamment en retrait pour ne pas parasiter le fonctionnement de votre
famille, mais facilement accessible pour qu’il reste, pour vous, un lieu privilégié de souvenir et
de recueillement. N’ayez pas peur de faire un petit « autel » à la mémoire de la personne que
vous avez perdue ; ce n’est pas malsain dans la mesure où il n’envahit pas tout votre
environnement.
Christophe Fauré
Responsable éditorial

La biologie du deuil : le stress chronique

Quand vous perdez un être cher, vous n’êtes pas seulement touché(e) au niveau psychologique et émotionnel. Des recherches récentes ont montré que le processus de deuil génère, en vous, un stress chronique qui a des répercussions, au niveau physique. Il a un impact sur votre santé. Il est donc très important de comprendre les mécanismes de ce stress chronique, afin d’apprendre à mieux y faire face.

Le cycle du stress au cours du deuil 

Que se passe-t-il à l’annonce du décès d’une personne proche ? Vous êtes sous le choc ; vous êtes assailli(e) par une multitude de pensées chaotiques et vous devez faire face à une situation totalement nouvelle pour vous. A l’annonce du décès, votre cerveau reçoit un message de détresse : « Cette personne que j’aime vient de mourir ! ». Aussitôt, votre cerveau transforme cette terrible nouvelle en une réaction chimique : des impulsions nerveuses stimulent une petite glande située à la base de votre cerveau : l’hypothalamus.

Dans une réaction en chaîne, votre hypothalamus alerte alors deux autres glandes : l’hypophyse (elle aussi située dans le cerveau) et les surrénales (situées au niveau de vos reins). Celles-ci augmentent de volume et déversent dans le sang, une hormone appelée l’adrénaline. C’est l’hormone du stress aigu. L’adrénaline entraine une augmentation de votre rythme cardiaque, le relâchement de vos muscles respiratoires et digestifs (c’est ce qui explique que vous avez du mal à vous alimenter, quand vous êtes soumis(e) à un stress aigu). Ceci une réaction très archaïque de l’organisme qui survient face à n’importe quelle agression, physique ou psychologique. Cette réaction de stress aigu a pour fonction de vous mettre en état d’alerte et de vous rendre prêt(e) au combat.

Que se passe-t-il dans les mois qui suivent l’annonce du décès ?

Au fil du temps, le message de détresse (« La personne que j’aime est morte ! ») reste toujours d’actualité. En conséquence, le stress émotionnel qui en découle ne décroît pas et votre hypothalamus, votre hypophyse et vos surrénales restent en état d’alerte. Progressivement, au niveau de vos surrénales, une autre hormone, le cortisol, prend alors le relais de l’adrénaline : on observe alors une augmentation importante de cette hormone dans le sang et ceci, sur un temps prolongé. Vous vous retrouvez donc avec des taux élevés d’adrénaline et de cortisol dans votre organisme: vous vous trouvez dans un état de stress chronique biologique.

Quelles sont les conséquences de ces taux d’adrénaline et de cortisol élevés dans le sang, pendant de longs mois ?

Elles sont multiples et elles expliquent de nombreux « symptômes » physiques que l’on retrouve au cours du deuil :

Un taux élevé d’adrénaline et de cortisol épuise progressivement l’organisme. Vous vous sentez de plus en plus fatigué(e), avec l’impression de ne jamais pouvoir récupérer, même si vous dormez beaucoup. C’est une réaction normale : on ne peut pas être en état d’alerte pendant des mois, sans s’épuiser ! Il faut donc que vous luttiez le plus efficacement possible contre tous les facteurs d’épuisement. Cela passe par un soin particulier porté à votre hygiène de vie.

Le taux élevé de cortisol provoque également une baisse de l’efficacité de votre système immunitaire. Cela veut dire que votre organisme se protège moins bien contre les agressions extérieures ; il devient plus vulnérable aux virus et aux bactéries qui sont sources d’infections. Il est donc très fréquent de tomber malade au cours du deuil (bronchites, angines, sinusites, mycoses diverses … etc.)

Si vous êtes déjà porteur/porteuse d’une maladie chronique – une pathologie cardiovasculaire par exemple (hypertension artérielle, troubles du rythme cardiaque… etc.) ou encore des problèmes articulaires (arthrites) ou problèmes de peau (eczéma ou psoriasis par exemple) – le stress prolongé du deuil peut aggraver transitoirement les symptômes de votre maladie. Il est donc très important de faire le point, le plus régulièrement possible, avec le médecin qui vous suit, en lui précisant bien que l’aggravation de vos symptômes est en rapport avec le deuil que vous êtes en train de vivre.

Enfin, l’épuisement physique et psychologique lié au stress chronique, finit par avoir un impact négatif sur vos capacités intellectuelles. Vous observez alors une baisse transitoire de vos performances intellectuelles au cours du deuil, comme, par exemple, des difficultés de concentration, ou de mémorisation, ou encore d’apprentissage de nouvelles données. Vous avez l’impression d’avoir la tête vide. Là encore, cette réaction est logique et normale : elle est liée au taux élevé d’adrénaline.

Ces manifestations ont tendance à apparaître au moins 6 mois après le décès et peuvent durer de un à deux ans après le décès. Mais elles varient grandement dans leur intensité et dans leur durée d’une personne à une autre.

Comment gérer le stress chronique du deuil ?

Vous ne pouvez évidemment pas interrompre le message d’alarme qui est responsable du stress : « La personne que j’aime est morte ». En revanche, il est possible de réduire l’impact de ce stress sur votre organisme. Le message est clair : il est indispensable que vous preniez soin de vous, afin de réduire les conséquences du stress. Prendre soin de vous, c’est développer des stratégies pour mieux gérer cette pression intérieure. Le deuil est un véritable marathon et il faut tenir sur la durée pour contrebalancer les effets négatifs du stress chronique.

 

 

Extrait du site internet Traverser le deuil : Christophe Fauré

www.traverserledeuil.com ( malheureusment, ce site est fermé)

À L’ATTENTION DE MA FAMILLE ET DE MES AMIS …

COMMENT ME SUPPORTER APRÈS UN DÉCÈS

Il peut être aidant de savoir que:

• Ce que vous pouvez m’offrir de plus important est de penser à moi et d’entrer en contact avec moi régulièrement

• Vous n’avez rien à dire ou à faire de particulier, votre simple présence me suffit

• Des petites choses telles que prendre soin des enfants, des repas, des paiements de factures
etc …. sont grandement appréciées actuellement

• Je peux apprécier votre compagnie lorsqu’il est temps de sortir en public

• Quelques fois, il me fait du bien que vous parliez de choses ordinaires, que vous me racontiez
des histoires ou que vous fassiez preuve d’humour

• Vous n’avez pas besoin d’avoir vécu une perte de la même intensité que la mienne pour être à
mes côtés. Le simple fait de m’écouter en silence sans avoir peur de ma douleur suffit
N’ayez pas peur de :

• Me parler ou de me questionner au sujet de la personne décédée
• Me demander comment je vais, même si je finis par crier, pleurer ou être en colère
• Me toucher ou me prendre dans vos bras
• Me demander ce dont j’ai besoin. Cela peut m’aider à retrouver le sentiment d’être vivant et utile.  N’attendez pas que je demande de l’aide.

• Me questionner directement si vous pensez que j’ai des pensées suicidaires bu si vous trouvez que je suis profondément dépressif

• Continuer de me visiter et montrez-vous disponibles, même si je refuse

• De rire et de crier avec moi
S’il vous plaît comprenez et respectez le fait que:
• Je vais quelque fois ressentir le besoin de pleurer et que cela puisse vous rendre inconfortable
• Je vais avoir besoin de parler de la mort de l’être cher et de raconter l’histoire de son décès encore et encore
• Quelques fois, je ne serai pas en mesure de parler de ma perte
• Même si je ne me sentirai pas toujours en mesure de recevoir des visiteurs ou d’accepter des invitations, il sera toujours très apprécié que vous continuiez de me le demander
• Mes priorités dans la vie ont changé depuis ma perte

VOUS NE M’ÉCOUTEZ PAS QUAND:

• Vous dites que vous comprenez sans me connaître ou m’avoir écouté suffisamment
• Vous ressentez que ma situation vous rend inconfortable et que vous l’évitez
• Vous réagissez rapidement à mes propos, voulant donner votre point de vue avant même que je vous y aie invité
• Vous vous arrêtez au sens de chaque mot que je dis plutôt que de lire au delà des mots: lire dans cet espace qui parle de      comme je me sens
• Vous me corrigez ou cherchez à me faire dire quelque chose
• Vous faites référence à votre propre expérience de sorte qu’elle a l’air d’avoir plus d’importance que la mienne
• Vous êtes dérangés par les mots que j’utilise
VOUS M’ÉCOUTEZ QUAND:
o Vous acceptez d’entrer dans mon territoire et me laissez être
• Vous essayez de me comprendre même si ce que je dis ne fait pas beaucoup de sens
• Vous retenez votre envie de m’aider en me donnant des conseils
• Vous ne prenez pas mes problèmes sur vous et vous faites confiance en mes capacités intérieures
• Vous me donnez suffisamment d’espace pour découvrir pourquoi je suis perturbé et assez de temps pour penser à ce qui est le mieux pour moi
• Vous me laissez prendre mes propres décisions avec dignité même si vous croyez que j’ai tort
• Vous me laissez vivre ma propre expérience
• Vous m’acceptez tel que je suis
• Vous ne me proposez pas d’alternatives spirituelles si vous sentez que je ne suis pas prêt pour cela
• Vous passez de petits moments avec moi et me faites sentir comme s’ils duraient éternellement
• Vous me permettez de décrire des situations qui comportent des sentiments compliqués, des états de culpabilité et de honte comme dans le cas d’un suicide par exemple
• Vous acceptez que l’heure que nous venons de passer ensemble peut vous fatiguer et vous donner l’impression d’être un peu « vidé»

Tiré de: « Guidelines for Befrienders » publié par la Fondation d’études pour les décès
infantiles par Barbara Ward. (traduction libre)
S’il vous plaît:
• Rappelez-moi comment j’ai pu contribuer à votre vie. Être endeuillé demande tellement d’énergie que je me demande souvent si je suis encore en mesure d’apporter quelque chose de positif à mes proches
• Rappelez-moi que même si je souffre là maintenant, il y a une autre partie de moi qui a la capacité d’aimer et d’être heureux. J’ai besoin que l’on me rappelle qu’un jour j’aurai à nouveau accès au bonheur
• Réassurez-moi que j’ai fait tout ce que je pouvais
• Encouragez-moi à régler ce qui ne le serait pas avec mes proches
• Aider-moi à aller vers des amis, des professionnels ou des ressources vers lesquels je peux trouver du support
• Aider-moi à me remémorer les ressources intérieures auxquelles j’ai fait appel et qui m’ont aidé dans le passé
• Ecrivez-moi une note me laissant savoir que vous pensez à moi
• Rappelez-moi qu’il est aidant d’attendre au moins six mois avant de faire des changements majeurs dans ma vie
• Référez-moi à des professionnels si vous trouvez que j’ai vraiment de la difficulté à composer avec mon deuil
• Reconnaissez vos propres limites. Dites moi honnêtement que vous ne vous sentez pas aptes à m’écouter ou à m’aider
• Renseignez-vous à propos du processus de deuil
Essayez d’éviter de:
• Amenuiser ou de renier mes sentiments de culpabilité, de honte, de colère, de tristesse ou de malaise quelconque
• Me traiter comme quelqu’un qui est maintenant « différent» de vous
• M’encourager à être fort et de faire rapidement face à ma perte
• Changer de sujet lorsque je mentionne le nom de la personne décédée
• Parler de votre propre deuil
• Me dire que je devrais être ou faire ceci ou cela
• Me dire que ça aurait pu être pire
• Me suggérer ou de m’offrir de l’alcool ou dés médicaments pour composer avec ma perte
• De m’aider en essayant de me faire sentir mieux
Tiré de : Empty Cradle, Broken Heart par Deborah L. Davis. Golden CO: Fulcrum Publié en
1996 (traduction libre)

COVID-19

GUIDE POUR LES PERSONNES ENDEUILLÉES … EN PÉRIODE DE PANDÉMIE

 GUIDE DES RESSOURCES en télé-accompagnement selon les régions pour les personnes vivant un deuil et ayant besoin de soutien durant cette période. 

Un grand MERCI à l’équipe des Formations Monbourquette du Centre de développement professionnel PRAXIS de la Faculté des arts et des sciences (FAS) de l’Université de Montréal pour ces outils précieux! 

 https://praxis.umontreal.ca/catalogue-de-formations/deuil/

11 Mars 2021

TEXTE EN MÉMOIRE DES PERSONNES DÉCÉDÉES DE LA COVID ET POUR TOUT CEUX QUI TRAVAILLENT AU FRONT.

Aujourd’hui nous nous souvenons et soulignons, honorons, pleurons ceux aimés qui nous ont quittés trop tôt, abandonnés, désemparés, épeurés et seuls.

L’inimaginable s’est produit dans notre société dite civilisée, nos ainés sont morts sans être accompagnés par leurs proches. Nous les avons laissé tomber et avons oubliés notre humanité.

Rappelons-nous, haut et fort ces êtres aimés partis souvent sans dire au revoir. Rappelons-nous tous ces proches aidants dévastés et endeuillés qui n’ont pu aller donner du réconfort à ceux si chers à leurs cœurs.

Regardons-nous en face comme société pour que plus jamais, personne n’ait à vivre cette hécatombe de plus de 10,000 personnes décédées au Québec de la COVID.

Remercions haut et fort ces femmes et ces hommes qui sont au front depuis un an et qui tente d’apaiser la souffrance de nos proches. Soutenons les pour éviter qu’ils tombent au combat.

Ensemble, avec amour et solidarité aidons-nous à nous relever et à ne plus jamais faillir.

Prenons soin des uns et des autres pour éviter ce manque de respect dont nous porterons à jamais les cicatrices.

Aujourd’hui honorons ceux et celles qui sont décédés ainsi que tous ceux et celles qui veillent sur ceux que nous aimons et qui se battent pour leur vie.

 

Carole Singher, Lumi-vie

lumivieRessources Deuil et COVID-19